Prunella RIVIERE, Comédienne, autrice, productrice, Ancienne élève à l’Ecole Perceval, Chatou – APAPS

Je tiens à apporter un témoignage de mon expérience de scolarisation dans une école Steiner-Waldorf, moins pour défendre les écoles, que par agacement des mensonges et erreurs véhiculés par des individus et relayés par la presse. J’y ai fait toute ma scolarité, passé mon bac, rencontré des ami.es que je vois toujours, pu faire un échange d’un trimestre aux États-Unis, appris beaucoup de choses qui dépassent le cadre purement “scolaire” : monter un mur, faire du pain, participer à une association humanitaire en Bolivie, jouer des pièces de théâtre, visiter Amsterdam, rencontrer des écrivains, faire un stage dans une crèche municipale, chanter dans une chorale de 60 participant.es, partir en voyage de classe dans les Vosges, accueillir des correspondants américains, allemands…

Tout ce qui fait de ces écoles un espace de rencontre, de mélange et d’ouverture sur le monde. Je suis encore très proche de certains.es élèves que j’ai rencontrés il y a 44 ans. Il y a un médecin-chercheur (qui travaille sur le covid-19), une architecte d’intérieur, une vendeuse, des commerciaux, des musiciennes, une art-thérapeute, une directrice d’agence de publicité, un chercheur en physique nucléaire, une employée de la RATP, et la liste est longue… Je suis moi-même comédienne, autrice. Certain.es ont mis leurs enfants dans des écoles Waldorf, la plupart non. Ce qui est certain c’est que nous n’avons jamais eu de cours sur Rudolf Steiner ou sur l’anthroposophie, que l’on ne nous a jamais influencés pour porter une quelconque parole. Quand j’entends les essais pédagogiques menés par l’Éducation nationale ou certains établissements, cela me fait doucement rire, sur le respect du rythme de l’enfant, l’apprentissage des langues dès le plus jeune âge, l’inclusion des enfants porteurs de handicaps, l’importance du geste artistique au bon développement de tous, les échanges avec d’autres pays, d’autres cultures, l’obligation de 20% d’aliments bio dans les cantines… Tout ceci était déjà en place il y a cinquante ans au sein de la pédagogie Waldorf !