Jessica LANG, Chargée de communication, Ancienne élève à l’Ecole Perceval, Chatou – ANPAPS

J’ai eu la chance de faire toute ma scolarité – ou presque – au sein de l’école Steiner, Perceval située à Chatou en banlieue parisienne.

Pourquoi la chance ? J’y ai rencontré mes deux meilleures amies dont je ne me séparerai jamais et j’y ai passé de superbes années. Aller en cours n’a jamais été une contrainte, bien au contraire. Sans exagérer, cette école m’a permis de me révéler, moi qui étais une mauvaise élève dans le public.

On m’a fait confiance, on m’a montré de la bienveillance et de l’écoute, et cela a été payant.

Après une année de CP calamiteuse dans une école publique élitiste – je refusais d’aller en classe et je pleurais chaque matin – ma mère a décidé de changer les choses et a choisi de tester cette nouvelle pédagogie dont elle avait entendu parler par une amie allemande. Mon père vétérinaire et ma mère (relations humaines) n’étaient absolument pas dans l’anthroposophie, et nous n’avons pas été contraints d’y adhérer, je précise.

Cela a été le meilleur choix qu’elle ait fait pour moi qui y suis restée de la 4e classe (le CE1) jusqu’en Terminale où j’ai passé mon BAC Scientifique pour intégrer par la suite une prépa littéraire hypokhâgne / khâgne et suis aujourd’hui chargée de communication au sein du service marketing d’IKEA France.

Entendre que c’est une secte – ou une école pour enfants à problèmes – m’a toujours choquée, ces personnes n’ont jamais mis les pieds dans une école Steiner. Qu’ils discutent avec les anciens élèves, ils se rendront bien compte que nous ne sommes pas endoctrinés ; que nous avons toujours notre libre arbitre, peut-être un petit grain de folie, mais c’est ce qui fait le charme de ces années : on nous a laissés nous épanouir autrement que par la course aux bonnes notes et à la popularité, en nous laissant développer notre imaginaire et notre créativité, notre curiosité et notre ouverture d’esprit. J’ai eu des professeurs formidables, d’autres moins mais je n’en garde par de mauvais souvenirs.

Quand je parle de ma scolarité à mes amis n’ayant pas été dans une école Steiner, ils sont toujours épatés de mon enthousiasme et de la diversité des choses que j’ai pu tester et apprendre au cours de ces années d’études : en passant par le théâtre (en langue étrangère !), la couture, la sculpture, le travail du bois et du cuivre, la calligraphie, mais aussi l’eurythmie ! Ah, la fameuse eurythmie… qui s’apparente à de la danse contemporaine pour moi. La liste est longue.

Aujourd’hui où les pédagogies alternatives sont mises sur le devant de la scène pour leur vision innovante de l’éducation, faisons preuve de bienveillance et laissons la différence exister par rapport au circuit scolaire classique.

Ce qui est sûr, c’est que cette pédagogie ne peut pas convenir à tous les enfants, pour moi cela a été très bénéfique et je remercie encore ma mère d’avoir pris cette décision.